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Maudits soient les mains qui tuent la conscience   19/01/2007

Maudits soient les mains qui tuent la conscience


Hrant Dink est tombé sous les balles d’un lâche qui n’a même pas osé de
l’affronter de face et a tiré 3 fois dans son dos, visant la tête.

Dink est tombé en martyr. Il a payé un lourd tribut sur le chemin
escarpé vers une démocratie qui le voulait pour son pays, ce pays
barbare dont certains essayent encore de montrer drapé dans les
accoutrements trompeurs du laïcisme et du modernisme.

Dans son dernier article écrit le 10 janvier il se considérait comme une
colombe ; fragile, effarouché mais libre. « En Turquie on ne tue pas les
colombes » écrivait-il. « Mais je reste vigilant comme une colombe et je
regarde devant, à gauche, à droite, derrière pour me défendre en cas de
besoin. » Le bras armé de l’Etat profond (Derin Devlet) ce magma hideux
composé de généraux fascistes, des mafieux, des services secrets et des
hommes d’affaires influents, était plus rapide, plus mordant, comme un
serpent, que notre colombe pacifique.

Ils ont voulu tuer la conscience des démocrates et des progressistes en
assassinant Hrant Dink. Ils n’y arriveront pas. Avec cet odieux attentat
ils ont franchi la ligne jaune. Ce soir, les amis de Dink, Arméniens
mais aussi Turcs, ont été par milliers devant l’immeuble de son journal
Agos à crier : « Nous sommes tous des Arméniens ! »

Maudits soient les mains qui ont osé tuer la colombe.

Varoujan Sirapian
Président de l’Institut Tchobanian
19/01/2007


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