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Le Liban en guerre   30/07/2006

Le Liban en guerre

par Roger AKL

Le Liban est en état de guerre et il paraît que la conférence de Rome était voulue pour appuyer le gouvernement libanais et l'empêcher de tomber sous les coups de l'attaque israélienne. Ainsi, d'après nos "alliés" occidentaux, le gouvernement libanais est plus important que le Liban. On peut détruire le pays, tuer ses habitants et détruire leurs maisons, mais pas toucher au gouvernement libanais. Ils ne réalisent pas qu'en agissant ainsi, ils sont en train de condamner automatiquement notre gouvernement pour crimes de haute trahison. Car, comment séparer le gouvernement de ceux qu'il gouverne ? Quand le pays est détruit et ses habitants tués ou jetés sur les routes de l'exil, à quoi sert le gouvernement, sinon à être un faux témoin aux yeux de sa population ?

Ils disent qu'ils veulent détruire le Hezbollah pour permettre au gouvernement d'étendre sa souveraineté sur tout le territoire libanais. De quelle souveraineté parle-t-on, une souveraineté sur les morts ? A Rome, tous les pays ont réclamé un arrêt total et immédiat des opérations guerrières. Tous sauf un, les Etats-Unis, représentés par Condoleeza Rice, qui a fourni à Israël des armes pour encore tuer des Libanais, sans oublier le brouillage des communications libanaises.

Le gouvernement libanais et les chefs de la majorité parlementaire qu'il représente appellent à l'unité des Libanais, en disant à chaque fois, qu'après la guerre on discutera des responsabilités, faisant allusion au Hezbollah qui avait fait prisonnier (et non enlevé comme disent les médias occidentaux) deux soldats israéliens en combat reconnu par les accords de limitation des opérations (entre Israël et le Hezbollah) aux seuls militaires.(1) Israël y a répondu, par une guerre totale, en bombardant sauvagement les civils, tous les civils libanais et les infrastructures de tout le Liban. Les allusions des partisans du gouvernement aux responsabilités d'une partie, non seulement oublient celles du gouvernement, mais aussi poursuivent leur travail de sape de l'unité libanaise, tandis que le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, poursuit, sans mandat du gouvernement, ses visites personnelles et incontrôlables aux gouvernements étrangers, dont ceux qui appuient Israël, dans sa guerre criminelle contre le Liban.

Si le gouvernement libanais voulait vraiment l'unité des Libanais, il se rangerait derrière sa population, qui s'est levée comme un seul homme pour appuyer la résistance et aider les réfugiés libanais dans leur exode. Il est à rappeler ici les actions du Courant Patriotique Libre, dont le chef est le général Miche Aoun, dans l'organisation des régions chrétiennes pour accueillir et conforter les réfugiés.

Nous sommes en guerre. Il n'est pas normal que le chef du gouvernement accueille, obséquieusement et avec le sourire, la Secrétaire d'Etat Rice, dont le pays aide Israël dans son agression, en lui donnant le temps et les armes nécessaires à notre destruction. Encore mieux, notre gouvernement, s'il avait un peu de sang dans l'eau de ses veines devrait réclamer le départ de l'ambassadeur des Etats-Unis. Quand un pays aide vos ennemis à vous détruire, il devient votre ennemi et il faut le lui faire comprendre. Peut-être avons-nous peur de la seule superpuissance mondiale, mais que peuvent-ils encore nous faire ? Un dicton arabe dit : "je suis noyé, ai-je encore peur de me mouiller ?"

Quant aux médias étrangers, ils poursuivent leur travail de sape, en disant qu'Israël attaque le Hezbollah (et non le Liban), dans un but visible de diviser les Libanais. Ce qui avait déjà été commencé par certains gouvernements, dont la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, avec leur boycott du Président libanais de la République, légalement élu. Leurs ambassadeurs à Beyrouth, lui ayant tous présenté leurs lettres de créance, après sa réélection, ont tous de ce fait reconnu sa légalité.

Sauver le gouvernement libanais ? Pourquoi pas, mais aussi en sauvant le Liban et surtout en n'intervenant pas dans les affaires intérieures du pays et en n'appuyant pas l'agresseur par les armes et la diplomatie.

Quant au gouvernement libanais, il ferait bien de s'unir derrière son peuple dans la défense du Liban et sans arrière-pensées.

(1) Le Hezbollah a répondu, entre autres, à l'assassinat de deux de ses membres à Saïda par la Mossad, deux mois plus tôt, aux plus de 13000 violations de la ligne bleue par les Israéliens, dont les avions crevaient le mur du son au-dessus des villes libanaises et les bateaux violaient les eaux territoriales libanaises, sans oublier les prisonniers libanais dans les geôles israéliennes, et l'occupation des terres libanaises de Kfarchouba et des fermes de Chebaa. On exige du Liban d'appliquer la résolution 1559 du Conseil de Sécurité, alors qu'Israël a le culot de n'appliquer aucune des résolutions qui le concernent dont la 194, la 242 et d'autres beaucoup plus anciennes que la 1559. La paix ne peut se faire que dans la justice et la vérité.

 

 


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