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CONFERENCE DE PRESSE DU GENERAL BALOUIEVSKI   2/12/2005

CONFERENCE DE PRESSE DU GENERAL BALOUIEVSKI

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Le général Balouïevski, chef de l'Etat-major général des Forces armées, a donné une longue conférence de presse, le 1er décembre à Moscou. Nous en reproduisons ci-dessous quelques extraits.

L'état-major général ne voit dans aucun Etat concret un adversaire potentiel de la Russie. "Nous avons depuis longtemps cessé de nous préparer à des guerres nucléaires et conventionnelles de grande envergure", a-t-il déclaré. La Russie s'attache surtout à former des unités pour régler les conflits locaux : "Nous préparerons la défense de notre propre territoire, mais nous ne nous préparerons pas à une guerre sur le territoire d'autrui".

Les technologies russes permettent de créer des armements capables de neutraliser les systèmes de défense antimissile. Les études n'ont toutefois pas débouché sur une production industrielle car "ce sont des technologies extrêmement coûteuses et leur réalisation est fonction de la situation". "Nous savons maintenant de quelles forces armées nous aurons besoin demain, après-demain et à plus long terme".

Israël possède depuis longtemps un arsenal nucléaire, a affirmé le général, qui reproche aux Etats-Unis une politique à géométrie variable : "Les Etats-Unis insistent sur la transparence totale des programmes nucléaires de certains pays. D'autre part, ils ferment les yeux sur le fait qu'Israël possède [...] un arsenal nucléaire impressionnant". Cette politique affecte d'autres domaines de la coopération comme le contrôle des technologies de missiles. Les Etats-Unis utilisent leur arsenal comme un moyen de défendre leurs propres intérêts et de faire pression sur le marché de ce type d'armements. Ce comportement altère quelque peu le caractère globalement positif des rapports entre nos deux pays. La Russie apprécie sa coopération avec les Etats-Unis dans la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques au niveau bi- et multilatéral.

Les relations russo-américaines revêtent "un caractère impulsif" : "un problème surgit, l'activité est en plein essor ; le problème s'efface, l'activité dépérit. Il ne faudrait pas qu'il en soit ainsi." Le général Balouïevski a énuméré plusieurs domaines de la coopération bilatérale : la lutte antiterroriste, le renforcement du contrôle des missiles portables, l'échange rapide d'informations dans la lutte contre les cellules terroristes, y compris le blocage des canaux financiers et de livraisons d'armes. "En dépit d'une convergence des positions de la Russie et des Etats-Unis sur les grands axes, a-t-il estimé, tout ne vas pas sans encombre."

Le problème numéro un dans les relations avec l'OTAN, ce sont "les vestiges de l'ancienne mentalité aussi bien chez de nombreux politiques que chez les militaires". "La coopération avec la Russie dans le domaine militaire a aujourd'hui une grande importance pour l'OTAN [...]. Un conflit entre la Russie et l'OTAN, ce n'est pas la voie que nous devons rechercher." Dans le même temps, Youri Balouïevski a confirmé l'intention de la Russie de défendre ses intérêts dans l'espace de la Communauté des Etats indépendants. "On note, de la part de l'OTAN, des tentatives d'entraîner les Etats de la CEI dans la sphère d'activité du bloc et d'affaiblir leurs rapports avec la Russie. Il s'agit déjà de nos intérêts. Pour nos intérêts, nous n'allons pas nous battre, mais nous les défendrons, c'est certain."

L'approfondissement de la coopération militaire avec la CEI est une grande priorité de la politique extérieure russe. "Nous ne prétendons pas au rôle de frère aîné dans les rapports avec les pays du proche étranger, nous garantissons leur droit de coopérer avec n'importe quel Etat." Mais le général a critiqué les tentatives de modifier la situation politique à l'intérieur de la CEI : "Nous ne pouvons pas approuver l'attitude de nos collègues américains lorsque des révolutions "de velours" et "de couleur" sont encouragées dans certains Etats." Le fait que l'OSCE se transforme en organe de surveillance est aussi un fait négatif, selon lui. L'OSCE "veille" au respect de la démocratie en Russie et dans les autres Etats de la CEI et "les Etats-Unis participent plus ou moins à ces processus". Les peuples des Etats de la CEI ont pleinement le droit de décider de leur sort sans aucune influence extérieure. Et la Russie a le droit de défendre ses intérêts dans l'espace post-soviétique.

La démilitarisation totale de la région de Kaliningrad est exclue : "Nous y modernisons les unités militaires et nous continuerons de le faire." Selon le général, l'adhésion de la Lettonie, de la Lituanie et de l'Estonie à l'OTAN a eu des répercussions négatives sur la sécurité dans la zone de la Baltique. "Ces Etats tentent de se servir du potentiel du bloc pour résoudre leurs propres problèmes." Une telle situation montre, estime-t-il, que, dans son approche de la coopération avec la Russie, l'OTAN est surtout préoccupé par la garantie de ses propres intérêts. Quant à l'installation éventuelle de sites de missiles antimissile américains en Pologne et dans quelques autres Etats, elle pourrait avoir des conséquences écologiques graves, estime Youri Balouïevski. C'est aussi l'avis des experts, a-t-il ajouté, et cela doit inquiéter les Etats qui ouvrent leur territoire à des éléments de défense antimissile d'autres pays.

En 2007, la Russie et l'OTAN procéderont à des exercices de défense anti-missile. En 2006, il est prévu une cinquantaine d'exercices en coopération avec l'OTAN, dont 13 auront lieu en Russie. Parmi eux, des exercices des unités spéciales auxquels participeront les Etats-Unis, la France, la Turquie et la Grande-Bretagne. Au début de l'année, des navires de la flotte de la mer Noire prendront part aux manoeuvres Active Endeavour en Méditerranée. Youri Balouïevski a également cité les exercices "Sénateur" sur la sécurité nucléaire avec les pays de l'OTAN, qui auront lieu en 2006, probablement en France. En ce qui concerne les exercices russo-chinois prévus en 2007, ils auront lieu non pas au niveau bilatéral, mais dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shanghai. "Le fait que l'OCS acquière des fonctions d'organisation militaire ne doit inquiéter personne. Ces exercices seront destinés à lutter contre le terrorisme".


Agence Ria Novosti


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